Les récents propos de Laurent WAUQUIEZ ont soulevé un cortège de réactions. D'un côté, il ne faut pas se méprendre : comme de nombreux analystes politiques l'ont souligné, il s'agit de petites phrases préparatoires à la campagne de 2012. D'un autre côté, les sujets évoqués soulèvent de véritables questions de fond.
Le "travail" des chomeur
La société subvient aux besoins vitaux de nombreuses personnes qui, pour des raisons médicales ou autres, ne sont pas en mesure d'occuper un emploi. Le fait qu'elles participent à la production de richesse, dans une certaine mesure, ne devrait pas être un sujet tabou, mais un véritable sujet de fond. Car c'est un enjeu pour le développement durable de la France.
Cette production de "richesses" doit évidemment être encadrée par rapport aux capacités de chaque individu. Elle doit aussi être l'occasion d'une valorisation de la valeur "travail", de l'individu dans la société. Elle pourrait être aussi l'occasion de faciliter des changements de filière en apportant une expérience professionnelle. Afin de limiter divers abus, il faudrait que la mission soit portée par un acteur public et profite à une population relativement large (mission d'intérêt général).
Voici donc quelques éléments pour lancer la réflexion. Il ne faut en tout cas en aucun cas considérer ces missions comme une sanction pour la situation des personnes en perte d'emploi. Car, contrairement aux propos de Monsieur WAUQUIEZ, les chomeurs ne sont pas le cancer de la société. L'aide sociale est au contraire le signe de la maturité de notre société humaniste qui permet à chacun de disposer du minimum vital.
Les "profiteurs" du système
Mais il ne faut pas se voiler la face, il existe des profiteurs du système, comme dans toutes les composantes de la société (cf. les niches fiscales). Certains partis les mettent en lumière pour les stygmatiser, montrer les faiblesses du système, et tout remettre en cause.
Quand on veut tuer son chien, [on montre qu'il bave et] on l'accuse de la rage.
Remettre dans le circuit de l'emploi ceux qui se complaisent dans une situation d'assistanat est un véritable enjeu. Certains (souvent de droite) proposent de les faire sortir du système : c'est le meilleur moyen de faire monter les révoltes.


Commentaires
Je rappelle que pour les millions de Français pauvres, avec ou sans emploi et dans l'impossibilité d'échapper à cet «assistanat» tant décrié, les cas de fraude relèvent davantage de la survie que de la rapacité.
Par contre, quand un PDG gagne en un mois ce que gagnerait un Smicard ayant commencé à travailler sous Vercingétorix sans n’avoir connu aucun arrêt maladie, Laurent Wauquiez trouve que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quand des banquiers sont drogués aux bonus comme certains sportifs à l’EPO, Laurent Wauquiez pointe aux abonnés absents. Quand des PDG se goinfrent aux stock options et aux retraites chapeaux, Laurent Wauquiez détourne le regard. Quand des riches touchent un chèque de 300.000 € du fisc grâce au bouclier fiscal, il ne vient pas à l’esprit de Laurent Wauquiez l’idée de dénoncer cette « assistanat » de classe. Quand Total annonce 10 milliards de profits sur la balance pour 2010 mais ne paie pas un centime d’impôt sur les sociétés, Laurent Wauquiez n’a rien à dire. Quand des groupes géants ayant pignon sur rue de la délocalisation encaissent des fonds publics et vont installer des filiales sous des cieux plus cléments (fiscalement parlant), Laurent Wauquiez ne s’offusque pas. Quand certains de ces mêmes groupes, malgré des résultats financiers en or massif, refusent de rembourser tout ou partie de leurs dettes à la sécurité sociale, personne n’entend Laurent Wauquiez. A ses yeux, tous les exemples précités sont le témoignage enthousiasmant d’une « société qui tourne à l’endroit », pour s’inspirer de sa formule. En revanche, un couple sans enfant qui touche 700 euros par mois au titre du RSA, voilà qui le révulse.
Quant à la fraude sociale, c'est 9 à 15 milliards d'euros par an, dont 6 à 12 milliards liés au travail dissimulé pour 2 à 3 milliards de petite fraude aux prestations. Par contre, la fraude et l'évasion fiscales, c'est environ 45 milliards d'euros par an !
Voilà en France à quoi on s'intéresse. Chez nous, la lutte contre la fraude est inversement proportionnelle aux montants qui sont en jeu : plus les pertes sont volumineuses et préjudiciables pour l'économie, moins la lutte est vigoureuse; plus les sommes sont modestes, plus l'arsenal répressif est renforcé. Mamie Zinzin et les voleurs en col blanc peuvent, eux, continuer à dormir tranquille !
Sophie